En coopération avec le Triangle – Cité de la danse Karim Khouader est l’une des figures les plus singulières des danses hip hop aujourd’hui, présent aussi bien dans...
Six créations, une génération au plateau
Seize spectacles et performances occupent les plateaux du 6 au 17 octobre. Parmi eux, six créations voient le jour pendant l'événement, entourées de reprises qui font date, dont une dernière représentation après plus de cent vingt dates de tournée. Tour d'horizon dans l'ordre du calendrier.
Des corps qui ont tout inventé. De ces langages de résistance et d’affirmation est née une scène contemporaine singulière et plurielle, dont la programmation 2026 porte la force. Les seize spectacles et performances de cette édition traversent le whacking, la house, le popping, le dancehall, les danses hip hop, avec une attention particulière aux œuvres qui naissent ici même : six créations jalonnent le calendrier.
Roses de Karim KH ouvre la série le 6 octobre au Triangle. Une plongée poétique qui invite à croire en la puissance des rêves et de l’imaginaire, là où les contradictions font sens et où le risque devient une forme de liberté. Entre réalité et fiction, un voyage vers ce qui n’existe pas encore.
Le 13 octobre au TNB, deux créations se succèdent le même soir. Maison Lou(p) d’Oumrata Konan questionne les mécanismes de l’inceste à travers le whacking, danse née de la nécessité d’exister et de survivre. Inspiré de sa propre histoire et des travaux de Dorothée Dussy, ce solo expose la violence systémique dissimulée derrière les façades familiales. Chaque représentation se prolonge par un échange animé par une médiatrice spécialisée.
Plus tard en salle Serreau, un plateau partagé réunit deux premières pièces, deux façons de vivre l’entre-deux : Limbo de Suzanne Degennaro, solo de whacking sur le vécu intersexe, cri silencieux et fête en suspens, une danse du bord, du trouble et de la beauté indocile ; Out/Side de Mwendwa Marchand, qui explore ce que le dancehall, construit dehors, hors des studios, devient quand il entre sur une scène institutionnelle.
Le 15 octobre, Chega de saudade d’Inès Mauricio. Un solo construit depuis l’histoire coloniale de sa propre grand-mère, installée en Angola sous Salazar : un portrait sensible de l’héritage colonial, à la manière d’un album photo que l’on feuillette.
Gentlewoman de Paradox-Sal clôt la série le 17 octobre au TNB. Première pièce du groupe réuni par le regretté Ousmane Sy : huit danseuses de house dance pour une célébration collective de la danse, en solo, en duo, en groupe. Sœurs de scène, elles affirment leurs identités : le public les voit toutes, et chacune.
Des récits qui traversent le plateau
Dès le 6 octobre au Triangle, Habibitch ouvre le fil avec Décoloniser le dancefloor. À l’intersection du stand-up, de la leçon politique et de la danse, elle déconstruit les normes coloniales et de genre depuis sa propre expérience algérienne, queer, danseuse et militante. Racisme, privilèges, résistances : les concepts passent à la loupe décoloniale, et le corps rythme la parole. Drôle, percutant et franchement nécessaire.Sur un week-end, Jenny Victoire Charreton présente le dyptique Anatomie de transition, à voir séparément ou comme un diptyque. Dans mon dessin, le 10 octobre au CCN, questionne sa transition de genre comme un départ sans retour : seule en scène, elle entremêle écriture poétique, musique électronique, dessins, marionnettes numériques et témoignages, habitée par les mots de la poétesse Luz Volckmann. Le lendemain, Voler le feu, co-signé avec Daphné Demaison, prend la forme d’un conte contemporain : une princesse tout de rose vêtue qui vola le feu, s’enfuit des Enfers et lutta contre une malédiction qui lui enlevait ses souvenirs. Mots, marionnettes, musique live, arts plastiques et langue des signes française s’y tissent autour des vécus transféminins, avec une rencontre traduite en LSF à l’issue.
Invisibilia (for piano) de Mackenzy Bergile circule dans l’événement comme aucune autre pièce : trois dates en salle, au Théâtre de Poche d’Hédé-Bazouges les 8 et 9 octobre puis au Tambour le 12, et une forme réinventée en activations successives le 13 au TNB. Cet inédit explore les formes musicales incomplètes qui émergent dans les zones instables de la mémoire et du rêve : des fragments apparaissent puis s’effacent, laissant des traces fugitives à réinventer, entre apparition, mémoire et disparition.
SAWATA de Nadia Gabrieli Kalati, le 12 octobre au CCN, naît d’une perte intime. Rite de passage entre mémoire et renaissance, nourri par la house dance et les danses panafricaines, ce solo puise dans ses racines camerounaises pour explorer la symbolique de l’eau, fluide, infinie, indomptable. Le corps y dialogue avec l’invisible et célèbre la vie malgré l’absence, pour faire de chaque geste un acte de mémoire.
Reprises, rééditions, dernières
Autour des créations, plusieurs spectacles reviennent avec une raison d’être là. Témoin de Saïdo Lehlouh réunit vingt danseur·ses autodidactes de générations et de danses différentes, que le public du TNB a peut-être découvert·es sur ce même plateau en janvier 2024 avec l’équipe feu ; cette fois, place à l’équipe eau. STUCK de Mounia Nassangar, créée également au TNB, en juin 2024, connaît une réédition exceptionnelle dans une distribution entièrement masculine, en hommage aux hommes gays qui ont fait naître le whacking. One Shot d’Ousmane Sy, présenté en salle Vilar en 2022, affiche plus de cent vingt représentations en France et à l’international ; UNDER/GROUND accueillera sa dernière, à ne pas manquer si vous ne l’avez pas encore vu. Raw de Sandrine Lescourant, spectacle interactif en tête à tête avec le public, fait entrer le texte dans la danse pour partager les codes de la culture hip hop, ses idées reçues, ses leçons et ses espoirs.
Et autour des plateaux
Trois cartes blanches en salle Paradis au TNB, en accès libre, avec Mounia Nassangar, Elamine Maecha et Mackenzy Bergile. Et des DJ sets après les spectacles, au bar.
Billetterie et détail des dates sur les pages de chaque spectacle.
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