Open/Ground #1
Les artistes autodidactes ont leurs logiques propres. Les institutions, leurs habitudes. Une journée pour travailler l’écart.
Dans les danses hip hop, le voguing, la house, le whacking, comme dans bien d’autres pratiques artistiques longtemps restées aux marges, les artistes autodidactes ont construit leurs propres codes esthétiques, dynamiques de création, façons de transmettre et de faire communauté. Leurs œuvres circulent de mieux en mieux dans les institutions, mais celles et ceux qui les créent accèdent encore rarement aux fonctions de programmation ou de direction. Beaucoup restent précaires, trop peu soutenu·es pour créer dans de bonnes conditions, quand leur activité n’est pas menacée de disparaître.
Des questions s’imposent ainsi au secteur culturel public : comment mieux reconnaître et soutenir ces artistes et leurs communautés ? Comment répartir les moyens dans un contexte déjà fragilisé ? Comment participer activement au renouvellement des programmations et des publics ?
Process — 10:00–13:00
Des artistes de France, d’Europe et de l’international sont invité·es à partager un travail à l’état où il se trouve, sans format imposé : les présentations vont de l’esquisse à la maquette consolidée, ou d’une simple conversation autour d’un café.
Avec Bouzid Aït Atmane (FR), Ergao (CN), Jeannette Agbo (TG), Jérôme Oussou (FR), Inés Sybille (ES)
Tools — 14:00–17:30 : Indicateurs intersectionnels et institutionnels. Avec Florence Cherrier.
Comment mesurer ce qu’une politique culturelle dit d’elle-même quand elle se prétend inclusive ? Florence Cherrier présente une recherche menée en octobre 2025 à Rennes, dans le cadre de la résidence Médusa / Mythologies inachevées, menée par les artistes associé·es NSDOS, Sofian Jouini et Nosfell. Les intentions intersectionnelles affichées par les institutions culturelles restent souvent difficiles à vérifier, faute d’outils pour les objectiver.
Le travail présenté propose une série d’indicateurs construits à deux échelles, celle des parcours individuels et celle des structures elles-mêmes, pour interroger concrètement qui programme, qui décide, quels critères pèsent réellement dans les choix artistiques et institutionnels. L’atelier donne à voir cette méthode, ses limites et ses usages possibles.
Le talk qui suit, Quelle(s) place(s) / Faire place ?, en prolonge les questions à l’échelle du secteur.
Talk — 15:30–17:30 : « Quelle(s) place(s) / Faire place ? »
Une génération d’artistes est déjà là, active, structurée, visible dans des espaces que les institutions n’ont pas toujours investis : battles, clubs, réseaux autoorganisés, circuits parallèles construits sans attendre de reconnaissance institutionnelle. La question à travailler n’est donc pas celle de leur intégration dans les circuits existants, mais ce que leur présence révèle de nos manières de faire institution : nos outils, nos rythmes, nos cadres de reconnaissance, ce qu’on choisit de voir et ce qu’on continue d’ignorer.
Faire place peut signifier accueillir, mais aussi cadrer, normaliser, parfois absorber, jusqu’à dissoudre ce qui faisait la spécificité d’une pratique dans les formats attendus par l’institution. Là où laisser la place suppose souvent un renoncement réel : céder du pouvoir, du temps, de l’espace, sans en garder le contrôle.
13.10 | De 10:00 à 17:30 | CCN St-Melaine.
Ouvert aux professionnel·les du secteur et à toute personne concernée. Gratuit — Sur réservation (Déjeuner sur place sur réservation – payant)